Billets d'humeur, Société

La revanche des littéraires

Longtemps j’ai pleuré le sort réservé aux littéraires et aux atypiques. Tout particulièrement en France, parce que si vous faites vos « humanities » aux Etats-Unis, l’éventail des possibles s’ouvre à vous. En Angleterre, vous pouvez diriger une banque en étant titulaire d’une maîtrise d’histoire. En France il vous faudrait montrer patte blanche, c’est-à-dire dérouler une liste de diplômes longue comme l’A20, si tant est que cela puisse suffire.

Littérature étrangère, Livres

« Demande à la poussière » de John Fante

Dans une langue ciselée, ce roman court est un uppercut. Il nous donne autant envie de prendre Bandini sous son aile que de lui en coller une, qu’il aurait bien méritée au demeurant. Mais il est attachant l’ami. Il l’est d’autant plus que beaucoup se reconnaîtront dans cet anti-héros que l’Amérique n’aime pas voir exposé. Ce qu’on disait de toi, John, est donc bien vrai. Avec une longueur d’avance sur ton temps tu as commis ici de la très grande littérature. Chapeau bas.

Histoires et récits, Mes chroniques de San Francisco

Mes chroniques de SF / Last call

Pour finir le Study tour américain en beauté nous sommes allés au stade d’Oakland, le Coliseum, pour soutenir les Golden Warriors qui affrontaient les Milwaukee Bucks, venus exprès de l’autre côté de l’Amérique. Les Golden Warriors arborent les couleurs bleu et jaune. Les trois années précédentes, ils ont remporté le tournoi de la NBA. C’est l’équipe la plus puissante de la Conférence de l’Ouest. Face à eux les Milwaukee Bucks, les leaders de la Conférence de l’Est. 

Histoires et récits, Mes chroniques de San Francisco

Mes chroniques de SF / J+8

Se promener dans la rue avec Vincent est impressionnant : il indique une voiture, vous annonce son identité « marque, modèle, nombre de chevaux », lève l’index et vous dit « écoute le moteur ». Après le démarrage, il vous demande si vous avez entendu. Jamais de ma vie je n’avais ni « écouté » ni « entendu » une voiture. Plus fort encore, il reconnaît les modèles au bruit du moteur. Là où ce n’est que vacarme pour moi, Vincent entend une musique et voit une chorégraphie. Les pistons montent et descendent, l’essence est propulsée par jets, sa combustion va finir en fumée recrachée par le pot d’échappement. Si j’avais eu Vincent comme prof de physique-chimie au lycée, j’aurais sans doute eu la moyenne plus souvent… 

Littérature française, Livres

« Frère d’âme » de David Diop

Celui qui reste ne peut supporter la mort de son « plus que frère ». Plus que sa mort, c’est la façon dont il s’est éteint dans ses bras. Renvoyé à son impuissance et rongé par la culpabilité, Alfa va se perdre dans des actes extrêmes pour oublier, ou peut-être pour tente de réparer ce qu’il n’a pas su faire pour apaiser les derniers instants de celui qu’il chérissait.

Histoires et récits, Mes chroniques de San Francisco

Mes chroniques de SF / J+4

Un panneau à l’attention des automobilistes affichait « Speed : maximum 45 Miles », il y avait peu de chance pour que je sois contrôlée. A l’issue du Golden Gate Bridge nous avions déjà (ou seulement) parcouru 10 km. Le retour par le pont a été difficile. Je me suis dit que des gars s’étaient tués à la tâche pour construire ce pont uniquement pour que je puisse courir dessus en ce jour alors que je n’allais pas les décevoir. J’ai pensé à des tas d’images chouettes, à des moments heureux, à la douche qui m’attendait après et à mon lit – dans lequel je suis en ce moment bien que je ne parvienne pas à m’endormir. J’ai parlé à mon corps, je lui ai dit « mes muscles sont décontractés, mes articulations sont souples, j’ai de la ressource, je cours sur des coussins d’air ». La vue sur la baie, à main droite, et sur San Francisco, à main gauche, était superbe.

Histoires et récits, Mes chroniques de San Francisco

Mes chroniques de SF / J+2

Ils sont allongés par terre, certains dorment, d'autres se cachent sous des tissus. Dans un parc on aperçoit des simili maisons faites de coussins, de fauteuils et de couvertures tandis qu'un éphèbe torse nu fait son jogging et qu'un dog-sitter s'affaire avec ses cinq bestioles. Ils invectivent un interlocuteur invisible, sont assis et attendent ou marchent à deux en se soutenant. Voilà pour la partie visible de l'iceberg. Que se trame-t-il une fois que nous les avons dépassés, quand la nuit est noire et que nous sommes rentrés chez nous ?

Histoires et récits, Mes chroniques de San Francisco

Mes chroniques de SF / J-1

Dans le cadre de l’Executive MBA nous faisons trois voyages à l’étranger qu’on appelle des « study tour ». En mai 2018 nous sommes allés en Chine, en janvier 2019 nous irons à Londres et aujourd’hui nous décollons pour San Francisco où nous resterons une dizaine de jours. A cette occasion je vais me consacrer à « Mes chroniques de San Francisco » au gré de mon séjour sur place.

Littérature étrangère, Livres

« La Femme à part » de Vivian Gornick

Ici, le temps accordé à la contemplation est grand. C’est rare d’entendre une parole dans ce sens à notre époque qui roule à toute berzingue. Le temps d’être chez-soi, de l’observation. La réflexion qui ne peut que se déployer dans l’inaction active. Il y a de la douceur dans tout ça, comme un fil de coton qu’on déroulerait lentement. Mais ça n’empêche pas le caractère bien trempé de Vivian Gornick de venir nous titiller !