Littérature étrangère, Livres

« La femme aux cheveux roux » de Orhan Pamuk

Après le dîner, le maître et son apprenti quittent leur camp de fortune pour aller boire un verre de raki fumer quelques cigarettes au village. Ils y trouvent un semblant de convivialité. Un soir comme les autres, Cem pose les yeux sur la « femme aux cheveux roux ». Il en tombe instantanément fou amoureux.

Billets d'humeur, Société

Ma voisine de droite

Contenir un fou rire. Faire les gros yeux, ricaner, se moquer gentiment. S’attendre à la sortie et arrivées chez soi, s’envoyer quelques messages et recommencer le lendemain matin, dès 7 heures, parce qu’on sera peut-être un peu en retard et « est-ce que tu pourrais prévenir le prof ? » « Oui, je peux. »

Billets d'humeur, Société

Je cause franglais au taf

Dis donc, tu savais que Bernard Pivot, le gars de la dictée, avait plus d’un million de followers* sur Twitter ! Ce Twitter, c’est powerful*, t’imagines même pas. Mais t’as raison, y a pas que du bon sur Twitter*, j’ai déjà eu une expérience hyper déceptive* sur ce réseau…

Littérature étrangère, Livres

« 7 années de bonheur » de Etgar Keret

On boit un café avec un architecte polonais qui a le projet ambitieux de construire une maison aux proportions des nouvelles de l’auteur. On se moque des gens qui se mettent dans des situations embarrassantes et puis on convainc son fils d’aller en vacances à Paris en vantant les joies d’Euro Disney...

Littérature étrangère, Livres

« Orgasme à Moscou » de Edgar Hilsenrath

Nino Pepperoni est un homme accompli. Il règne sur la mafia new-yorkaise, il a bâti un empire gigantesque, il est respecté et riche comme Crésus. Il pourrait dormir sur ses deux oreilles sauf que, Anna Maria, sa fille âgée de 30 ans, n’est toujours pas mariée ! Mais qu’est-ce qu’elle attend ?!

Billets d'humeur, Histoires et récits, Livres

Retour sur expérience / Projet livre vivant / « La Dernière Fois »

Le temps de chaque consultation était de 20 minutes, le récit durait une quinzaine de minutes, les minutes restantes étaient dédiées à l’échange entre lecteur et livre vivant. - Lors de la première session de 3 heures en bibliothèque, j’ai été consultée 3 fois. - Lors de la deuxième session de 3 heures en bibliothèque, j’ai été consultée 7 fois. - Lors de la troisième session de 3 heures en bibliothèque, j’ai été consultée 6 fois. - Lors de la dernière session de 3 heures en bibliothèque, j’ai été consultée 6 fois. En tout : 22 consultations + de nombreuses répétitions, en solo (tous les jours chez moi), et 2 avec Christine (une des porteuses du projet) = j’ai dû raconter « La Dernière Fois » quelque 80 fois.

Billets d'humeur, Histoires et récits, Livres

Projet livre vivant / « La Dernière Fois »

Vingt-quatre individus, des anonymes, comme moi, sont réunis en bibliothèque. Chacun d’eux est un livre vivant et raconte une histoire personnelle librement choisie. À l’entrée de la bibliothèque, les usagers consultent le catalogue des livres vivants disponibles et en choisissent un. La bibliothécaire va chercher le livre vivant dans la remise puis l’installe face à l’usager, tout proche de lui. Le livre vivant raconte son histoire, pour l’usager et rien que pour l’usager. La lecture une quinzaine de minutes. Ensuite, le livre vivant retourne en remise, à moins qu’il ne soit déjà sollicité pour une nouvelle consultation. L’usager peut consulter un autre livre s’il le souhaite.

Littérature française, Livres

« Splendid Hôtel, vol. 1 de la trilogie Héritières » de Marie Redonnet

Ce n’est ni géolocalisé ni daté. Ça se passe dans le Splendid Hôtel. C’est un huis-clos. Les W.-C. sont régulièrement bouchés. La santé des personnages oscille entre bonne, excellente et médiocre. Le piano est désaccordé. Les réparations à faire sont sans fin. Les gars du chantier sont tantôt charmants tantôt mufles. Adel et Ada se chamaillent sans arrêt pour mieux se réconcilier.

Billets d'humeur, Société

Adieu, ma vendeuse de chaussures

J’ai repensé à la dernière paire que j’avais achetée dans cette boutique et j’ai regretté de n’avoir pas su que c’était la dernière fois que je faisais ce geste somme toute anodin. C’est ça qui est terrible dans la vie. Bien souvent, on ne sait pas que c’est la dernière fois qu’on rit aux éclats avec ses amis, qu’on se love dans les bras de l’être aimé, qu’on déguste le riz-au-lait de mamie, qu’on signe un contrat ou se promène en tel endroit. Ça vous fauche en plein vol sans crier gare et c’est point final.

Billets d'humeur, Société

Keep running, dickrunning

Je me suis mise au jogging. A dire vrai, ça fait quelques années déjà, quatre cinq, que régulièrement je me remets au jogging. Je me souviens que la première fois que j’ai couru, quinze minutes, j’avais cru vomir toutes mes tripes. Arrivée chez moi, je m’étais allongée sur le canapé, les muscles de mes cuisses tremblaient.

Littérature française, Livres

« L’arbre monde » de Richard Powers

En refermant la dernière page de ce livre, j’ai eu une furieuse envie de forêt. J’ai chaussé mes chaussures de randonnées et je suis partie au bois de Vincennes ; on prend ce qu’on a comme forêt à portée de main. J’ai marché dans l’herbe mouillée, j’ai couru. J’ai retiré mes écouteurs pour entendre le murmure des arbres. En fait, je n’ai fait que survoler ce livre tant il est profond. Je crois bien que je vais le relire.

Littérature étrangère, Livres

« De si bons amis » de Joyce Maynard

va n’est que pure bonté. Elle offre sans compter. Orphelins dans la détresse, clochard affamé, chiens errants, elle les prend tous sous son aile. En plus d’être leur amie, Helen devient l’assistante artistique d’Ava et de Swift, qui nourrissent de nombreux projets trop lourds à porter pour leurs épaules. N’est-ce pas merveilleux quand travail et amitié se marient si bien ? Car Ava l’a décrétée, désormais elles sont amies pour la vie.

Littérature étrangère, Livres

« Une douce lueur de malveillance » de Dan Chaon

Il y a un homme. Dustin, la quarantaine, marié, père de deux adolescents, Aaron et Dennis. Il exerce le noble métier de psychologue – c’est moi ou il y a souvent des psys dans les romans américains ? RAS. Ça se corse doublement pour Dustin quand il apprend que son frère adoptif, un certain Rusty, est innocenté du quadruple meurtre dont il a été accusé trente ans plus tôt par… Dustin himself. Qui avait été tué ? Les parents et l’oncle et la tante de Dustin et de Rusty. Ça continue de se corser quand un des patients de Dustin, un flic sur la touche, amène sur le tapis une histoire d’étudiants retrouvés noyés. D’après la police c’est la faute à un mix d’alcool, de glissade sur un chemin verglacé en contrebas duquel coule une rivière.

Livres, Non-fiction

« Chez soi » de Mona Chollet

J’aurais pu lire Chez soi chez toi, mais c’est encore chez moi que j’ai préféré le lire. En vérité, je n’étais pas toujours chez moi quand j’ai lu Chez soi, mais c’est bien chez moi que j’ai le plus savouré cet essai. J’ai savouré cet essai parce qu’il fait la part belle à la moitié de la population, si je m’en réfère à ce qu’on m’enseigne dans l’école de commerce où j’étudie. Cette moitié de la population qui est « I » soit « introverti » versus les « E », les extravertis. Introverti, ça ne veut pas dire qu’on est timide, asocial, ermite ou solitaire, non, ça veut dire qu’on réfléchit et se ressource dans le silence et avec soi-même. Le hic c’est que, vous vous en serez rendu compte, notre société mise sur une attitude extravertie.

Billets d'humeur, Société

Stop aux questions embarrassantes

Certaines personnes ont le chic pour assimiler des périodes de la vie ou des états – je pense en particulier à l’enfance, à la vieillesse et à la femme enceinte –, à de la débilité. Ce qui les autorise, semblent-elles croire, à enfreindre les règles élémentaires de la civilité. C’est comme ça qu’on se retrouve à se faire caresser les joues, tâter le ventre à devoir répondre à une quantité phénoménale de questions indiscrètes jugées normales par ceux qui les posent.

Billets d'humeur, Société

Catsi75, où es-tu ?

C’était une partenaire redoutable, qui m’a battue à plates coutures à de multiples reprises. Le genre d’adversaire que vous pensez avoir écrasé avec un mot à 76 points et qui, telle un Phénix renaît de ses cendres et vous plie sur le sprint final. Elle sort de son chapeau magique un « x » ou un « z » qui compte triple, couplé d’un Scrabble – un mot de sept lettres, je le rappelle aux non-initiés – et bim, la partie est pliée. Faut pas avoir d’ego pour joier contre Catsi75.

Littérature étrangère, Livres

« My Absolute Darling » de Gabriel Tallent

Le matin, elle descend à la cuisine, gobe des œufs, attrape une canette de bière qu’elle jette à son père qui la saisit en plein vol. Ça ne rate jamais. Ces deux-là n’ont pas besoin de se parler. Leur fusion est telle que les mots n’auraient aucun sens. Ils sont tout l’un pour l’autre. Ils vivent dans une maison isolée, entourée de champs, l’océan n’est pas loin. Sous couvert d’intérêt écologique, de préparation à la fin du monde, de refus de la société de consommation, Martin a fait de Turtle une enfant à part. A 14 ans, elle manie les armes comme personne, sait se repérer en forêt la nuit, allumer un feu sans briquet… − enseignement qui va lui permettre de sauver des vies, mais qui pourrait bien se retourner contre celui qui l’a prodigué...

Billets d'humeur, Société

Nous sommes peu de choses / Smartphone

il fréquente tous nos proches. Surnoms, mots de passe, déplacements, fréquence d’achats, addiction aux réseaux sociaux, goûts musicaux, émotion... on le laisse entrer dans notre vie jusque dans le moindre recoin. Il nous voit rire, pleurer et réfléchir, galérer pour rédiger un message qui veuille dire quelque chose, râler quand par mégarde on a appuyé sur « Envoyer » trop hâtivement. Quel secret peut-on se vanter de ne lui avoir pas confié ? Il nous suit aux W.-C. Il entre dans notre salle de bain. Qui ne l’a jamais pris dans son lit ? Combien de fois nous a-t-il vu dans notre plus simple appareil ? C’est vrai qu’il passe beaucoup de temps dans l’obscurité, d’un sac à main ou de la poche arrière d’un jean, mais à table, bien souvent, c’est lui qui trône.

Littérature française, Livres

« Voyou » de Itamar Orlev

Comment parvenir à aimer ce père qui a tant fait souffrir ? Comment le détester complètement ? Peut-être en le portant sur son dos quand il ne peut plus marcher, l’humilier pour se venger un petit peu. Mais il suffit qu’il dépose sa tête sur l’épaule de son fils, que ses jambes maigrelettes enserrent ses hanches pour ne pas tomber, pour que le cœur de Tadek chavire. Elle ressemble à ça l’histoire de Tadzio et de Stefan, « je t’aime, mais si tu savais combien je te hais ».

Littérature étrangère, Livres

« Ecoute la ville tomber » de Kate Tempest

Ecoute la ville tomber obéit à un rythme musical qui pulse. C’est saccadé. Entre chaque beat, l’amour et l’amitié murmurent leur douce mélodie. Un roman empreint d’une énergie qui donne envie de vivre. On a l’espoir que ces trois jeunes s’en sortiront. Si personne n’a cru en eux jusque-là, ce n’est pas notre cas.

Billets d'humeur, Société

J’ai cassé ma perche à selfie

Voir des gens photographier et filmer tout et n’importe quoi – de la cohue dans le métro un jour d’inondation aux paquets cadeaux d’anniversaire pas encore ouverts en passant par la salle d'attente de l'aéroport où l'on s'apprête à embarquer et à la statue grecque dont on caresse le genou pour bien indiquer qu’on était là – « j’étais là, j’ai vu la statue, je la touche, t’as vu ?! t’as vu ?! » – et aux vidéos de ses enfants en train de descendre du toboggan ou de tirer la queue du chien, quand on ne les prend pas sur le pot… me déprime. En fait ce ne sont pas ces photos-là qui me rendent malade, mais leur usage à outrance, leur profusion, la surconsommation que nous en faisons.

Billets d'humeur, Société

La revanche des littéraires

Longtemps j’ai pleuré le sort réservé aux littéraires et aux atypiques. Tout particulièrement en France, parce que si vous faites vos « humanities » aux Etats-Unis, l’éventail des possibles s’ouvre à vous. En Angleterre, vous pouvez diriger une banque en étant titulaire d’une maîtrise d’histoire. En France il vous faudrait montrer patte blanche, c’est-à-dire dérouler une liste de diplômes longue comme l’A20, si tant est que cela puisse suffire.

Littérature étrangère, Livres

« Demande à la poussière » de John Fante

Dans une langue ciselée, ce roman court est un uppercut. Il nous donne autant envie de prendre Bandini sous son aile que de lui en coller une, qu’il aurait bien méritée au demeurant. Mais il est attachant l’ami. Il l’est d’autant plus que beaucoup se reconnaîtront dans cet anti-héros que l’Amérique n’aime pas voir exposé. Ce qu’on disait de toi, John, est donc bien vrai. Avec une longueur d’avance sur ton temps tu as commis ici de la très grande littérature. Chapeau bas.

Littérature étrangère, Livres

« La Femme à part » de Vivian Gornick

Ici, le temps accordé à la contemplation est grand. C’est rare d’entendre une parole dans ce sens à notre époque qui roule à toute berzingue. Le temps d’être chez-soi, de l’observation. La réflexion qui ne peut que se déployer dans l’inaction active. Il y a de la douceur dans tout ça, comme un fil de coton qu’on déroulerait lentement. Mais ça n’empêche pas le caractère bien trempé de Vivian Gornick de venir nous titiller !

Littérature française, Livres

« Le Sillon » de Valérie Manteau

Il s’appelait Hrant Dink, et ce n’est pas facile à prononcer. Salement abandonné par ses parents alors qu’il était tout minot il est devenu journaliste. Il a fait de la vérité sur le massacre perpétré à l’égard des Arméniens et sur le sort qui leur est réservé, son combat. Au péril de sa vie, car tué en pleine rue stambouliote en 2007.