Littérature française, Livres

La Clé USB

Temps de lecture : 50’’ Imaginez que vous soyez employé par la Commission européenne, que deux individus plutôt louches vous propose un marché pas très clair, que vous refusez bien évidemment, et qu’en partant ils oublient négligemment une clé USB, que feriez-vous ? Ni une ni deux, vous feriez comme le personnage de Clé USB, vous vous… Lire la suite La Clé USB

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Livres, Non-fiction

« Bleuets » de Maggie Nelson

Sous la forme de courts paragraphes numérotés de 1 à 240, Maggie Nelson puise dans la philosophie, les sciences, la poésie, la bouffe, sa vie pour dire son amour pour le bleu. Le bleu, couleur préférée des adultes dans pays occidentaux et de la moisissure alimentaire : roquefort. Couleur réputée pour couper l’appétit : ne jamais peindre sa cuisine en bleu ni servir dans des assiettes bleues, sauf si on veut faire des économies. Acyanoblepsie : absence de perception de la couleur bleue...

Billets d'humeur, Société

Madame Renée : respect

Elle a exercé les professions d’ouvrière en usine, de serveuse, de concierge et de dame-pipi, avant d’embrasser une carrière d’actrice à l’âge de 74 ans – oui, soixante-quatorze ans ! C’est Klapisch qui l’a découverte et c’est avec Chacun cherche son chat qu’elle a explosé.

Féminisme, Littérature étrangère, Livres

« La persuasion des femmes » de Meg Wolitzer

« Greer Kadetsky rencontra Faith Franck en octobre 2006 », c’est comme ça que tout commença, et le roman et la relation qui allait unir Greer à Faith. Un peu à l’étroit On ne peut pas dire que Greer ait eu une enfance heureuse : des parents à la limite de la marginalité, un grand sentiment de solitude,… Lire la suite « La persuasion des femmes » de Meg Wolitzer

Littérature étrangère, Livres

« Girl » de Edna O’Brien

Là où la jeune fille croyait retrouvait douceur et amour, elle ne trouve que dévastation et rejet.Plus douloureux encore que le fait d’avoir été arrachée à sa vie, d’avoir été réduite en esclavage, elle est rejetée par les siens. Elle est accusée d’impureté. Mais la vie n’a pas dit son dernier mot, une lueur d’espoir poind.

Billets d'humeur, Société

Je cause franglais au taf

Dis donc, tu savais que Bernard Pivot, le gars de la dictée, avait plus d’un million de followers* sur Twitter ! Ce Twitter, c’est powerful*, t’imagines même pas. Mais t’as raison, y a pas que du bon sur Twitter*, j’ai déjà eu une expérience hyper déceptive* sur ce réseau…

Billets d'humeur, Société

Adieu, ma vendeuse de chaussures

J’ai repensé à la dernière paire que j’avais achetée dans cette boutique et j’ai regretté de n’avoir pas su que c’était la dernière fois que je faisais ce geste somme toute anodin. C’est ça qui est terrible dans la vie. Bien souvent, on ne sait pas que c’est la dernière fois qu’on rit aux éclats avec ses amis, qu’on se love dans les bras de l’être aimé, qu’on déguste le riz-au-lait de mamie, qu’on signe un contrat ou se promène en tel endroit. Ça vous fauche en plein vol sans crier gare et c’est point final.

Billets d'humeur, Société

Stop aux questions embarrassantes

Certaines personnes ont le chic pour assimiler des périodes de la vie ou des états – je pense en particulier à l’enfance, à la vieillesse et à la femme enceinte –, à de la débilité. Ce qui les autorise, semblent-elles croire, à enfreindre les règles élémentaires de la civilité. C’est comme ça qu’on se retrouve à se faire caresser les joues, tâter le ventre à devoir répondre à une quantité phénoménale de questions indiscrètes jugées normales par ceux qui les posent.

Billets d'humeur, Société

Catsi75, où es-tu ?

C’était une partenaire redoutable, qui m’a battue à plates coutures à de multiples reprises. Le genre d’adversaire que vous pensez avoir écrasé avec un mot à 76 points et qui, telle un Phénix renaît de ses cendres et vous plie sur le sprint final. Elle sort de son chapeau magique un « x » ou un « z » qui compte triple, couplé d’un Scrabble – un mot de sept lettres, je le rappelle aux non-initiés – et bim, la partie est pliée. Faut pas avoir d’ego pour joier contre Catsi75.

Billets d'humeur, Société

Nous sommes peu de choses / Smartphone

il fréquente tous nos proches. Surnoms, mots de passe, déplacements, fréquence d’achats, addiction aux réseaux sociaux, goûts musicaux, émotion... on le laisse entrer dans notre vie jusque dans le moindre recoin. Il nous voit rire, pleurer et réfléchir, galérer pour rédiger un message qui veuille dire quelque chose, râler quand par mégarde on a appuyé sur « Envoyer » trop hâtivement. Quel secret peut-on se vanter de ne lui avoir pas confié ? Il nous suit aux W.-C. Il entre dans notre salle de bain. Qui ne l’a jamais pris dans son lit ? Combien de fois nous a-t-il vu dans notre plus simple appareil ? C’est vrai qu’il passe beaucoup de temps dans l’obscurité, d’un sac à main ou de la poche arrière d’un jean, mais à table, bien souvent, c’est lui qui trône.

Billets d'humeur, Société

J’ai cassé ma perche à selfie

Voir des gens photographier et filmer tout et n’importe quoi – de la cohue dans le métro un jour d’inondation aux paquets cadeaux d’anniversaire pas encore ouverts en passant par la salle d'attente de l'aéroport où l'on s'apprête à embarquer et à la statue grecque dont on caresse le genou pour bien indiquer qu’on était là – « j’étais là, j’ai vu la statue, je la touche, t’as vu ?! t’as vu ?! » – et aux vidéos de ses enfants en train de descendre du toboggan ou de tirer la queue du chien, quand on ne les prend pas sur le pot… me déprime. En fait ce ne sont pas ces photos-là qui me rendent malade, mais leur usage à outrance, leur profusion, la surconsommation que nous en faisons.

D'après une histoire vraie, Histoires et récits

« Entrer dans le monde tous les matins/Une histoire écrite avec mon chat »

Certains jours le chat me rejoint. Ce matin, l’amie féline est à mes pieds, dans la position dite du « rôti ». Elle me regarde, la tête inclinée avec un air de « oh, toi qui m’aimes tant et qui ne me refuses rien quand je prends mon air craquant comme en ce moment, regarde comme je te domine ». D’autres jours, elle se faufile entre mon dos et le gros oreiller ou s’installe carrément sur mon cahier, me refusant le droit d’écrire. Il y a des chats chics (j’en ai vu dans deux cafés sélect), il y a des chats commerçants (j’en ai vu officier dans une librairie), il y a des chats ronronthérapeuthes (qui sont employés dans les bars à chats) et il y a mon chat, un chat antilittéraire.

Billets d'humeur, Non classé, Société

La revanche des littéraires : en réponse à vos réactions

à tous les atypiques qui tracent leur route avec plus ou moins d'aisance dans ce monde ultra-normé, à tous les non-standardisés, à tous les littéraires (assumés ou contrariés), une pensée chaleureuse. Nous sommes nombreux, et nous sommes puissants !

Billets d'humeur, Société

La revanche des littéraires

Longtemps j’ai pleuré le sort réservé aux littéraires et aux atypiques. Tout particulièrement en France, parce que si vous faites vos « humanities » aux Etats-Unis, l’éventail des possibles s’ouvre à vous. En Angleterre, vous pouvez diriger une banque en étant titulaire d’une maîtrise d’histoire. En France il vous faudrait montrer patte blanche, c’est-à-dire dérouler une liste de diplômes longue comme l’A20, si tant est que cela puisse suffire.

Littérature étrangère, Livres

« La Femme à part » de Vivian Gornick

Ici, le temps accordé à la contemplation est grand. C’est rare d’entendre une parole dans ce sens à notre époque qui roule à toute berzingue. Le temps d’être chez-soi, de l’observation. La réflexion qui ne peut que se déployer dans l’inaction active. Il y a de la douceur dans tout ça, comme un fil de coton qu’on déroulerait lentement. Mais ça n’empêche pas le caractère bien trempé de Vivian Gornick de venir nous titiller !

Littérature française, Livres

« Propriété privée » de Julia Deck

Les Caradec ont innocememnt quitté Paris et leurs habitudes pour la banlieue. En s’installant dans cet écoquartier, ils pensaient faire une bonne affaire, une bonne action et tisser des liens avec des voisins sympathiques, ni plus ni moins. Le jour du déménagement, ils ont tout emporté avec eux ; leurs meubles, leur vaisselle, leurs livres et même jusqu’à leurs soucis, que madame caradec, qui a la main verte, s’évertue à faire fleurir d’une année sur l’autre.

Billets d'humeur, Economie, Société

A-t-on le droit de dire que l’on n’a pas aimé Florence ?

S’il y a une photo que je regrette de n’avoir pas prise durant mon séjour florentin, c’est celle du tag « Tourist go home » sur un panneau de circulation, image que j’ai vue dans les premières heures qui ont suivi mon arrivée à Florence et qui a donné le ton de mon séjour. Bien sûr, la première chose à admettre, c’est que j’étais moi-même une touriste. Oui, et c’est en ce point que ce séjour a été un point de réflexion. Mille et une questions ont surgi et occupé mon esprit : Comment visiter une ville sans être touriste ?...