Littérature française, Livres

« Revenir à Lisbonne » de Patrice Jean

« Je suis maçon. » Par amusement et sans mesurer les conséquences de la boutade qu’il vient de lancer à la belle brune qui est venue l’accoster et qui le met dans tous ses états. Gilles, professeur d’histoire, se retrouve coincé dans un tissu de mensonges dont il va avoir bien du mal à se défaire...

Littérature française, Livres

« De pierre et d’os » de Bérengère Cournut

Dans cet environnement extrême les esprits ne sont jamais loin. Ils façonnent le monde, peuplent le ciel, la terre et la toundra. Ils rendent visite la nuit et voilà qu’un enfant surgit en poussant un cri déchirant. Il choisira son nom en naissant : on lui récitera les prénoms de ses aïeux et l’on retiendra celui qui l’aura fait réagir...

Littérature française, Livres

« Ceux que je suis » de Olivier Dorchamps

Comme bien souvent avec les décès, les armoires qui regorgent de secrets de famille et de non-dits ne demandant qu’à voir la lumière du jour sont subitement déverrouillées. Ce voyage à Casa sera pour Marwan un pivot dans sa vie. Des pans entiers de son histoire familiale apparaîtront sous un nouvel éclairage, chahutant les pièces sur l’échiquier du « qui est qui », avec pour conséquence pour Marwan de comprendre qu’il n’est pas « ceux » qu’il croyait être...

Billets d'humeur, Société

La SNCF et moi, une histoire de pépins

Un peu après Châteauroux, nous passons sous un pont duquel tombe une voiture. Crissement de freins retentissant, vitres fêlées et arrêt brutal. Une automobiliste a perdu le contrôle de sa voiture, se rendant compte qu’elle allait passer par-dessus bord elle s’est éjectée juste à temps – heureusement qu’elle ne portait pas sa ceinture de sécurité. Sa voiture est tombée sur la voie ferrée juste au moment où le train arrivait, résultat : la voiture réduite à la taille d’une Majorette. Le temps de vérifier qu’il n’y avait pas de cadavre, que notre train était encore opérationnel. > Arrivée à Paris avec plus de 4 heures de retard en roulant au ralenti et dans une chaleur insupportable...

Littérature étrangère, Livres

« Les anges et tous les saints » de J. Courtney Sullivan

Le sort de Teresa et Nora est sensiblement le même que celui des milliers d’Irlandais qui un beau matin des années 1950 ont embarqué dans un ferry direction les États-Unis, un aller simple en poche. Si Teresa est tout excitée par cette expatriation, Nora, sa grande sœur et sa mère par procuration, la vit comme un déchirement...

Billets d'humeur, Economie, Livres, Non-fiction, Société

Mon budget livres

J’ai posté mon premier blog le 10 octobre 2018. Depuis cette date, j’ai posté 46 blogs sur des livres, j’ai donc lu 46 livres en un an et trois mois. En fait, j’en ai lu bien plus que cela parce que je ne m’appesantis pas sur tous les livres que je n’aime pas. Je vais arrondir en disant que j’ai lu 65 livres depuis le 10 octobre 2018...

Billets d'humeur, Société

Depuis que je prends des cours de chant

l y a quatre ans de cela, j’ai franchi le pas : prendre des cours de chant. Je dis « franchir le pas » parce qu’il s’agissait bien d’oser. Dès mon enfance j’avais intégré que je ne savais pas chanter. Donc je me la bouclais. Mais de temps en temps, je m’amusais à pousser la chansonnette et me traversait alors la sensation de ne pas chanter si mal que ça, mais bon je n’étais vraiment pas sûre de mon coup. De plus, c’était très aléatoire, un coup ça sortait bien, l’autre affreusement mal, tant et si bien que la plupart du temps je ne chantais pas, pas même sous la douche...

Littérature française, Livres

« L’Homme surnuméraire » de Patrice Jean

Voilà que par un concours de circonstances, Clément a rejoint une maison d’édition à la mission quelque peu spéciale : réécrire des romans classiques pour les rendre politiquement corrects. Le résultat connaît un tel succès – ce qui en dit long sur notre époque – que les romans contemporains sont désormais passés aux fourches caudines des censeurs. Le premier sur la liste n’est rien d’autre que L’Homme surnuméraire. L’occasion rêvée pour tous les universitaires abhorrés par Clément Artois d’apposer leur pâte sur cette œuvre littéraire qui met en scène la vie de Serge Le Chenadec...

Billets d'humeur, Société

Écrire, sur un cahier ou sur l’ordi ?

Cahier ou clavier ? Comment enchaîner après une journée entière passée à avoir travaillé sur son ordinateur par des heures d’écriture, pour le plaisir certes, sur son ordinateur. J’en suis physiquement incapable. Et si je l’étais, j’aurais bien trop peur de dézinguer complètement mes yeux et mes neurones ; un jour, une amie m’a dit que j’étais « grise, sans doute parce que j’avais fait de l’ordinateur toute la journée »...

Billets d'humeur, Société

C’est l’hécatombe

Depuis janvier 2016, c’est l’hécatombe : George Michael, Leonard Cohen, Billy Paul, Prince, Colin Vearncombe, Michel Delpech aussi (Paulette, Suzette ou Georgette, je ne sais plus très bien). Pour moi, l’hécatombe a véritablement commencé avec la mort de David Bowie. Je n’en reviens toujours pas. Ce jour-là, j’étais au bureau, Coco avait dessiné une super couv’ avec un David Bowie en forme de ruban à réglisse.

Livres, Non-fiction

« Sapé comme jadis » de Yvane Jacob

Vous mourrez d’envie de savoir pourquoi Johan Cruyff (joueur de foot) a retiré une bande de son maillot, la raison qui a poussé Pol Pot a exterminé tous les individus qui portaient des lunettes, dans quelles conditions Jules Léotard a inventé le justaucorps, la transformation réussie d’un foulard en symbole de lutte international par Yasser Arafat...

Livres, Non-fiction

« Que faites-vous de vos morts ? » de Sophie Calle

Est-ce que vous leur demandez de faire tempête le jour de votre anniversaire ? Est-ce que vous réussissez à les effacer de Facebook ? Est-ce que vous prenez une grosse cuite en leur honneur ? Est-ce que vous les pleurez, les engueuler, leur pardonner, leur demander pardon ? Est-ce que vous les enterrez, tout simplement. Est-ce que de temps à autre vous entrez dans une parfumerie pour respirer leur parfum fétiche ?

Billets d'humeur, Société

De l’art de collectionner les moustaches de chat

J’en trouve partout. Dans le lit, parterre, entre les poils du tapis avec lequel elles se confondent, collées à la couverture d’un livre, dans un sac de voyage, sur le col d’une chemise… partout. Elles arrivent par grappe, puis se raréfient, suivant un cycle de pousse et de tombaison, comme pour les cheveux. Je les pince entre deux doigts ou mouille mon index pour qu’elles se collent dessus...

Billets d'humeur, Société

Madame Renée : respect

Elle a exercé les professions d’ouvrière en usine, de serveuse, de concierge et de dame-pipi, avant d’embrasser une carrière d’actrice à l’âge de 74 ans – oui, soixante-quatorze ans ! C’est Klapisch qui l’a découverte et c’est avec Chacun cherche son chat qu’elle a explosé.

Féminisme, Littérature étrangère, Livres

« La persuasion des femmes » de Meg Wolitzer

« Greer Kadetsky rencontra Faith Franck en octobre 2006 », c’est comme ça que tout commença, et le roman et la relation qui allait unir Greer à Faith. Un peu à l’étroit On ne peut pas dire que Greer ait eu une enfance heureuse : des parents à la limite de la marginalité, un grand sentiment de solitude,… Lire la suite « La persuasion des femmes » de Meg Wolitzer

Billets d'humeur, Société

Adieu, ma vendeuse de chaussures

J’ai repensé à la dernière paire que j’avais achetée dans cette boutique et j’ai regretté de n’avoir pas su que c’était la dernière fois que je faisais ce geste somme toute anodin. C’est ça qui est terrible dans la vie. Bien souvent, on ne sait pas que c’est la dernière fois qu’on rit aux éclats avec ses amis, qu’on se love dans les bras de l’être aimé, qu’on déguste le riz-au-lait de mamie, qu’on signe un contrat ou se promène en tel endroit. Ça vous fauche en plein vol sans crier gare et c’est point final.

Billets d'humeur, Société

Stop aux questions embarrassantes

Certaines personnes ont le chic pour assimiler des périodes de la vie ou des états – je pense en particulier à l’enfance, à la vieillesse et à la femme enceinte –, à de la débilité. Ce qui les autorise, semblent-elles croire, à enfreindre les règles élémentaires de la civilité. C’est comme ça qu’on se retrouve à se faire caresser les joues, tâter le ventre à devoir répondre à une quantité phénoménale de questions indiscrètes jugées normales par ceux qui les posent.

Billets d'humeur, Société

Catsi75, où es-tu ?

C’était une partenaire redoutable, qui m’a battue à plates coutures à de multiples reprises. Le genre d’adversaire que vous pensez avoir écrasé avec un mot à 76 points et qui, telle un Phénix renaît de ses cendres et vous plie sur le sprint final. Elle sort de son chapeau magique un « x » ou un « z » qui compte triple, couplé d’un Scrabble – un mot de sept lettres, je le rappelle aux non-initiés – et bim, la partie est pliée. Faut pas avoir d’ego pour joier contre Catsi75.

Billets d'humeur, Société

Nous sommes peu de choses / Smartphone

il fréquente tous nos proches. Surnoms, mots de passe, déplacements, fréquence d’achats, addiction aux réseaux sociaux, goûts musicaux, émotion... on le laisse entrer dans notre vie jusque dans le moindre recoin. Il nous voit rire, pleurer et réfléchir, galérer pour rédiger un message qui veuille dire quelque chose, râler quand par mégarde on a appuyé sur « Envoyer » trop hâtivement. Quel secret peut-on se vanter de ne lui avoir pas confié ? Il nous suit aux W.-C. Il entre dans notre salle de bain. Qui ne l’a jamais pris dans son lit ? Combien de fois nous a-t-il vu dans notre plus simple appareil ? C’est vrai qu’il passe beaucoup de temps dans l’obscurité, d’un sac à main ou de la poche arrière d’un jean, mais à table, bien souvent, c’est lui qui trône.

Billets d'humeur, Société

J’ai cassé ma perche à selfie

Voir des gens photographier et filmer tout et n’importe quoi – de la cohue dans le métro un jour d’inondation aux paquets cadeaux d’anniversaire pas encore ouverts en passant par la salle d'attente de l'aéroport où l'on s'apprête à embarquer et à la statue grecque dont on caresse le genou pour bien indiquer qu’on était là – « j’étais là, j’ai vu la statue, je la touche, t’as vu ?! t’as vu ?! » – et aux vidéos de ses enfants en train de descendre du toboggan ou de tirer la queue du chien, quand on ne les prend pas sur le pot… me déprime. En fait ce ne sont pas ces photos-là qui me rendent malade, mais leur usage à outrance, leur profusion, la surconsommation que nous en faisons.

D'après une histoire vraie, Histoires et récits

« Entrer dans le monde tous les matins/Une histoire écrite avec mon chat »

Certains jours le chat me rejoint. Ce matin, l’amie féline est à mes pieds, dans la position dite du « rôti ». Elle me regarde, la tête inclinée avec un air de « oh, toi qui m’aimes tant et qui ne me refuses rien quand je prends mon air craquant comme en ce moment, regarde comme je te domine ». D’autres jours, elle se faufile entre mon dos et le gros oreiller ou s’installe carrément sur mon cahier, me refusant le droit d’écrire. Il y a des chats chics (j’en ai vu dans deux cafés sélect), il y a des chats commerçants (j’en ai vu officier dans une librairie), il y a des chats ronronthérapeuthes (qui sont employés dans les bars à chats) et il y a mon chat, un chat antilittéraire.

Billets d'humeur, Non classé, Société

La revanche des littéraires : en réponse à vos réactions

à tous les atypiques qui tracent leur route avec plus ou moins d'aisance dans ce monde ultra-normé, à tous les non-standardisés, à tous les littéraires (assumés ou contrariés), une pensée chaleureuse. Nous sommes nombreux, et nous sommes puissants !

Billets d'humeur, Société

La revanche des littéraires

Longtemps j’ai pleuré le sort réservé aux littéraires et aux atypiques. Tout particulièrement en France, parce que si vous faites vos « humanities » aux Etats-Unis, l’éventail des possibles s’ouvre à vous. En Angleterre, vous pouvez diriger une banque en étant titulaire d’une maîtrise d’histoire. En France il vous faudrait montrer patte blanche, c’est-à-dire dérouler une liste de diplômes longue comme l’A20, si tant est que cela puisse suffire.

Littérature étrangère, Livres

« La Femme à part » de Vivian Gornick

Ici, le temps accordé à la contemplation est grand. C’est rare d’entendre une parole dans ce sens à notre époque qui roule à toute berzingue. Le temps d’être chez-soi, de l’observation. La réflexion qui ne peut que se déployer dans l’inaction active. Il y a de la douceur dans tout ça, comme un fil de coton qu’on déroulerait lentement. Mais ça n’empêche pas le caractère bien trempé de Vivian Gornick de venir nous titiller !