Histoires et récits, Mes chroniques de San Francisco

Mes chroniques de SF / J+4

Un panneau à l’attention des automobilistes affichait « Speed : maximum 45 Miles », il y avait peu de chance pour que je sois contrôlée. A l’issue du Golden Gate Bridge nous avions déjà (ou seulement) parcouru 10 km. Le retour par le pont a été difficile. Je me suis dit que des gars s’étaient tués à la tâche pour construire ce pont uniquement pour que je puisse courir dessus en ce jour alors que je n’allais pas les décevoir. J’ai pensé à des tas d’images chouettes, à des moments heureux, à la douche qui m’attendait après et à mon lit – dans lequel je suis en ce moment bien que je ne parvienne pas à m’endormir. J’ai parlé à mon corps, je lui ai dit « mes muscles sont décontractés, mes articulations sont souples, j’ai de la ressource, je cours sur des coussins d’air ». La vue sur la baie, à main droite, et sur San Francisco, à main gauche, était superbe.

Histoires et récits, Mes chroniques de San Francisco

Mes chroniques de SF / J+2

Ils sont allongés par terre, certains dorment, d'autres se cachent sous des tissus. Dans un parc on aperçoit des simili maisons faites de coussins, de fauteuils et de couvertures tandis qu'un éphèbe torse nu fait son jogging et qu'un dog-sitter s'affaire avec ses cinq bestioles. Ils invectivent un interlocuteur invisible, sont assis et attendent ou marchent à deux en se soutenant. Voilà pour la partie visible de l'iceberg. Que se trame-t-il une fois que nous les avons dépassés, quand la nuit est noire et que nous sommes rentrés chez nous ?