Billets d'humeur, Société

Comment vivions-nous avant la doudoune ?

Il y a des progrès qui nous ont apporté un confort que la plupart d’entre nous s’accordent à penser comme relevant du strict minimum : eau courante, électricité, donc eau chaude, chauffage, frigo, lit, téléphone portable… ordinateur ? Peut-être pas encore pour tout le monde, mais le jour où il va rejoindre une liste de naissance n’est plus très loin (à moins que là aussi, je sois en retard ?). À ces éléments de base, j’ajoute officiellement un objet qui prend tout son sens en hiver, mais pas que, j’ai nommé la doudoune.

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Livres, Non-fiction

« Chez soi » de Mona Chollet

J’aurais pu lire Chez soi chez toi, mais c’est encore chez moi que j’ai préféré le lire. En vérité, je n’étais pas toujours chez moi quand j’ai lu Chez soi, mais c’est bien chez moi que j’ai le plus savouré cet essai. J’ai savouré cet essai parce qu’il fait la part belle à la moitié de la population, si je m’en réfère à ce qu’on m’enseigne dans l’école de commerce où j’étudie. Cette moitié de la population qui est « I » soit « introverti » versus les « E », les extravertis. Introverti, ça ne veut pas dire qu’on est timide, asocial, ermite ou solitaire, non, ça veut dire qu’on réfléchit et se ressource dans le silence et avec soi-même. Le hic c’est que, vous vous en serez rendu compte, notre société mise sur une attitude extravertie.

Billets d'humeur, Société

Stop aux questions embarrassantes

Certaines personnes ont le chic pour assimiler des périodes de la vie ou des états – je pense en particulier à l’enfance, à la vieillesse et à la femme enceinte –, à de la débilité. Ce qui les autorise, semblent-elles croire, à enfreindre les règles élémentaires de la civilité. C’est comme ça qu’on se retrouve à se faire caresser les joues, tâter le ventre à devoir répondre à une quantité phénoménale de questions indiscrètes jugées normales par ceux qui les posent.

Billets d'humeur, Société

Catsi75, où es-tu ?

C’était une partenaire redoutable, qui m’a battue à plates coutures à de multiples reprises. Le genre d’adversaire que vous pensez avoir écrasé avec un mot à 76 points et qui, telle un Phénix renaît de ses cendres et vous plie sur le sprint final. Elle sort de son chapeau magique un « x » ou un « z » qui compte triple, couplé d’un Scrabble – un mot de sept lettres, je le rappelle aux non-initiés – et bim, la partie est pliée. Faut pas avoir d’ego pour joier contre Catsi75.

Histoires et récits, Mes chroniques de Londres

Mes chroniques de Londres / I beg your pardon

A 7h26, j’avais fait mon check-out, laissé ma valise à la consigne de l’hôtel et prévenu mes camarades de ne pas m’attendre pour aller en cours. Je décide de marcher parce que c’est de n’avoir pas marché les jours précédents qui avait grillé mes neurones. Le nez camouflé dans mon écharpe je brave le froid matinal et me lance sur Shaftesbury Avenue. Il fut un temps où ces rues et ces avenues n’avaient aucun secret pour moi, parce que Londres était ma ville. Les années ont passé, j’y suis peu retournée, j’ai oublié. J’étais décidée à me rafraîchir, le corps et la mémoire. Je marche direction Picadilly Circus. Nous sommes peu dans les rues. Beaucoup vont travailler, comme ces ouvriers que j’entends au loin ponctuer leur phrase de «  This fucking bastard… », ça me fait sourire. Je fais des détours par Seven Dials, une boutique familière est toujours là. Je passe devant une salle de musical où j’étais allée voir Priscilla Queen of the Desert. Curzon cinema, comment avais-je pu oublier que j’avais fréquenté cette salle obscure ? China Gate à ma gauche. Dans la nuit finissante l’écran publicitaire de Picadilly Circus diffuse sa lumière jaune. Ca saute au rythme du changement de pubs. La place a une allure de studio de cinéma. Les passants sont les figurants, j’en suis une aussi, pendant ce temps les acteurs sont dans un préfabriqué en train de se faire maquiller.

Littérature étrangère, Livres

« My Absolute Darling » de Gabriel Tallent

Le matin, elle descend à la cuisine, gobe des œufs, attrape une canette de bière qu’elle jette à son père qui la saisit en plein vol. Ça ne rate jamais. Ces deux-là n’ont pas besoin de se parler. Leur fusion est telle que les mots n’auraient aucun sens. Ils sont tout l’un pour l’autre. Ils vivent dans une maison isolée, entourée de champs, l’océan n’est pas loin. Sous couvert d’intérêt écologique, de préparation à la fin du monde, de refus de la société de consommation, Martin a fait de Turtle une enfant à part. A 14 ans, elle manie les armes comme personne, sait se repérer en forêt la nuit, allumer un feu sans briquet… − enseignement qui va lui permettre de sauver des vies, mais qui pourrait bien se retourner contre celui qui l’a prodigué...

Histoires et récits, Mes chroniques de Londres

Mes chroniques de Londres / J1

« London is calling » Temps de lecture : 32'' La promo #Etincelles s’apprête à sévir à l’étranger une dernière fois. Ce coup-ci, ce sera à Londres. Cinq journées de cours à Imperial College. Gageons que nous revenions la tête bien pleine d’idées et de techniques astucieuses, le cœur réchauffé par une bonne pinte de bière au coin… Lire la suite Mes chroniques de Londres / J1

Billets d'humeur, Société

Qui suis-je ?

Je contribue à faire vivre des artisans et constitue un petit cadeau rapporté de vacances,  ou chipé dans un hôtel. Je suis une petite attention, à moins que je ne sois un message subliminal de mon expéditeur à mon destinataire ? Dans bien des cas, je suis offert par une femme à une autre femme. Je suis dit « de Marseille » mais parfois je viens de loin, d’Alep par exemple, même si tout porte à croire que les infrastructures pour me fabriquer ont disparu.

Billets d'humeur, Société

Nous sommes peu de choses / Smartphone

il fréquente tous nos proches. Surnoms, mots de passe, déplacements, fréquence d’achats, addiction aux réseaux sociaux, goûts musicaux, émotion... on le laisse entrer dans notre vie jusque dans le moindre recoin. Il nous voit rire, pleurer et réfléchir, galérer pour rédiger un message qui veuille dire quelque chose, râler quand par mégarde on a appuyé sur « Envoyer » trop hâtivement. Quel secret peut-on se vanter de ne lui avoir pas confié ? Il nous suit aux W.-C. Il entre dans notre salle de bain. Qui ne l’a jamais pris dans son lit ? Combien de fois nous a-t-il vu dans notre plus simple appareil ? C’est vrai qu’il passe beaucoup de temps dans l’obscurité, d’un sac à main ou de la poche arrière d’un jean, mais à table, bien souvent, c’est lui qui trône.

Billets d'humeur, Non classé

Bonne année 2019

Pour cette nouvelle année, je ne prends aucune bonne résolution mais émets un vœu, un seul, qui à mon sens pourrait changer le cours de l’Histoire : Que les architectes des lieux publics, des théâtres par exemple, comprennent enfin qu’il leur faut concevoir trois fois plus de W.-C. pour les femmes que pour les hommes.