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Quand on rêve

Temps de lecture : 1’42

Parmi les délices de la vie, il y en a un qui consiste à se réveiller tôt le samedi matin, à rester sous la couette quand on sait que tout le monde à l’extérieur a déjà commencer à vaquer à ses occupations. Plus ils s’excitent au dehors et plus l’on se recroqueville au fond de son lit. Peu après on replonge dans le sommeil, qui n’est pas le sommeil profond de la nuit car on sent l’éveil aussi imminent que tout près de soi. Et c’est alors qu’on se met à voyager, au plus profond de soi mais hors du temps, hors des espaces. Le voyage est souvent puissant, incongru, parfois émouvant et d’autres fois encore, déroutant. Quand on se réveille un peu groggy, on a du mal à déterminer si l’on a dormi deux heures, 45 minutes ou 10 minutes. Les souvenirs ramenés du voyage sont troublants. C’est comme si toutes les cases que compte notre cerveau s’étaient ouvertes en même temps et avaient été renversées, puis qu’une immense spatule en bois en avait mélangé le contenu. On retrouve des bouts de ce scénario mélangés à ceux d’un autre. Le tout s’amalgame et finit par raconter une histoire, de bric et de broc, mais à laquelle on va essayer de donner une forme, un début et une fin. C’est ainsi que des gens qui n’auraient pas dû se rencontrer se côtoient, sont accoutrés d’une drôle de façon, disent des choses impensables ou s’adonnent à des activités qu’on ne les imagine pas pratiquer. C’est comme si Dr House et l’inspecteur Derrick jouaient dans la même série ou que la reine d’Angleterre et MBappé faisaient des mots croisés ou que Laurent Wauquiez avait renoncé à la présidence des Républicains (ah, ça c’est la réalité et pas un rêve,  comme quoi on peut « prendre ses rêves pour des réalités »). Par moments le rythme s’accélère, les éléments fondent. Les parois communiquent, tout suinte. Pas besoin de monter dans la DeLorean un soir d’orage pour traverser ses propres failles spatiotemporelles. Au réveil, on se sent comme Marty qui a retrouvé sa vie d’avant mais qui n’est plus tout à fait le même. On se tourne et se retourne jusqu’au moment où l’appel du café prend le dessus et nous tire de notre douce torpeur.

© Virginie Manchado, 2019.

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