Littérature française, Livres

« De pierre et d’os » de Bérengère Cournut

Temps de lecture : 2’10

Crac ! La banquise s’est partagée en deux. D’un côté, la famille. De l’autre, Uqsuralik avec pour seule possession son couteau, sa peau d’ours et sa chienne.

Aventure

Débute une longue errance pour la jeune adolescente. Elle puise dans ses ressources, met en pratique tout ce que ses parents lui ont enseigné de chasse, de pêche et de couture pour se frayer un chemin dans les glaces. Ici, on remercie le gibier avant de le tuer, on ne tue pas un animal de mer avec les mêmes armes qu’on a tué un animal de terre. On apprend à distinguer les glaciers qui viennent de se détacher de leur glacier de ceux qui dérivent depuis longtemps. Et s’il le faut on mange son chien, même s’il nous a sauvé la vie tantôt. Ça s’appelle la vie dans l’espace arctique.

De pierre et d’os

Uqsuralik marche, rencontre un groupe, fait un bout de chemin avec eux… Quand le froid se fait trop mordant et que la graisse de phoque vient à manquer pour s’éclairer tous se terrent dans l’igloo auquel on accède par un tunnel creusé dans la glace de façon à couper net les vents et autres courants d’air froid.

Dans cet environnement extrême les esprits ne sont jamais loin. Ils façonnent le monde, peuplent le ciel, la terre et la toundra. Ils rendent visite la nuit et voilà qu’un enfant surgit en poussant un cri déchirant. Il choisira son nom en naissant : on lui récitera les prénoms de ses aïeux et l’on retiendra celui qui l’aura fait réagir.

Grâce à son nom, elle connaît les couloirs du temps et le sens du vent. Si quelqu’un cherche à lui faire du mal, elle pourra se sauver comme un oiseau qui prend les courants ascendants.

Sagesse

Bien des aubes, des lunes et des saisons sont passées – ni montre, ni calendrier, ni reminder par ici –, il est l’heure pour les plus âgés qui ne marchent plus, ne chassent plus et qui sont devenus un poids mettant en péril la survie du groupe, de s’asseoir près d’une pierre et de laisser venir la mort les envelopper.

Durant ma longue vie d’Inuit, j’ai appris que le pouvoir est quelque chose de silencieux. Quelque chose que l’on reçoit et qui – comme les chants, les enfants – nous traverse. Et qu’on doit ensuite laisser courir.

Lire du Cournut

C’est un voyage physique et poétique. C’est le régal des mots, des sensations des images. Pur joyau littéraire.

Le point commun entre Uqsuralik et moi

Usquralik a vécu dans la toundra, dans le grand froid, au cœur de l’immensément vide, aux côtés des renards argentés et en maniant des harpons. J’avais fait un exposé sur la toundra en classe de 6e après avoir vu un documentaire sur l’Arctique avec ma classé, j’en garde un excellent souvenir.

De pierre et d’os, de Bérengère Cournut, Le Tripode, 2019.

© Virginie Manchado, 2020

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