Billets d'humeur, Société

Bonne année 2021

Temps de lecture : 7’16

Chers amis,

Quelle meilleure façon pour vous souhaiter une bonne année que d’écrire ? Non, je n’ai pas cédé, je n’ai pas pianoté sur mon ordinateur une seule minute durant les vacances, non, je n’ai pas écrit. Tout de même, j’ai pris des notes mentalement et ce sont celles-ci que je me propose de vous partager en guise de conclusion de cette année et pour débuter 2021, que je nous souhaite belle, bonne, chaleureuse, réjouissante et au bon goût de liberté.

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La veille du départ : nuit blanche et contracture dans le dos.

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Sur place, ma tante et mon oncle ont acheté exprès pour moi : des bougnettes, du pumpet et du museau de porc (du vrai museau, en forme de museau de cochon, pas de la salade de museau insipide) : je n’ai jamais rien mangé d’aussi bon, ça fond sous la bouche ; mon oncle m’en a fait mettre un sous vide pour que je puisse le rapporter et le faire goûter à mon chéri.

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Le 24 décembre : avec ma tante et mon cousin, virée en ville : je fais vivre l’économie locale en m’achetant un chapeau (sans lequel je ne sors plus depuis), du chocolat et du sel fin de Hawaï à la roche dans l’épicerie locale « Très bon » et un baume réparateur.

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Le 24 au soir, je propose comme devinettes « Comment dit-on un groupe de phoques, de papillons, d’alouettes, d’étourneaux… » (cf. post du 15 novembre 2020).

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Les 24, 25 et 26 : je fais 6 kilomètres de vélo elliptique dans le garage de ma tante où il fait 12° C. La chatte, Mousse, alias Bijou, s’installe à côté de moi sur la planche à repasser, je la gratouille de temps en temps.

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Le 24 et le 26, ma tante me masse le dos, nous discutons de tout, de rien et aussi de ma mère (sa sœur), je lui dis que j’ai appelé une de ses amies d’enfance, elle me dit qu’enfant, elle a vu sa mère (ma grand-mère) et sa grand-mère (mon arrière-grand-mère) se disputaient et que ça l’a beaucoup blessée, je ne savais pas que mamie et mémé ne s’entendaient pas.

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Je me régale de calissons (et de bons chocolats).

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Comme mon oncle et mon cousin ont regardé le même documentaire que moi sur l’urine et ses bienfaits (il y en a dans les cosmétiques, on peut faire avancer des véhicules avec, certains boivent la leur tous les matins, des Chinois y font cuire des œufs durs et arrosent leurs pommiers avec…), nous n’arrêtons pas d’en parler.

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Chaque fois que je vais faire pipi, je dis que je vais faire rouler une voiture.

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Mon oncle, qui pesait le même poids depuis quarante ans, a pris trois kilos cette année. Personne ne peut le croire, lui moins que les autres. C’est le sujet principal de discussion à tous nos repas.

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Le 25 au matin, ma grand-mère et moi regardons un documentaire animalier sur la panthère des neiges qui vit dans les montagnes chinoises, elle allaite ses petits pendants dix-huit mois. Un jour qu’elle part chasser, les deux petits (9 mois environ) s’en vont gambader loin de leur tanière, « très mauvaise idée », dit la voix-off. Lorsque leur mère revient, elle les appelle et pousse un cri déchirant. Elle erre dans la montagne à leur recherche, le jour, la nuit. Mon ventre se tord. Par miracle, elle finit par entendre un petit gémissement, elle a retrouvé un de ses fils, pour le second, on ne peut rien faire.

Un jour, la panthère mâle (qui n’est pas le père mais le grand frère des petits précédemment évoqués) attaque un bébé yack, il s’accroche à sa jugulaire et valdingue avec lui. Le petit yack tient bon. De plus, sa mère s’interpose pour le défendre : elle tape des pattes, agite ses cornes, le fauve finit par céder. La panthère mâle a perdu (il lui faut une proie de 15 kilos toutes les deux semaines pour tenir). Ensuite, tout le troupeau de yacks (et on dit bien troupeau) entoure et le lèche le bébé pour le réconforter.

Plus tard, la mère panthère et son fils (qui a désormais 15 mois) croise la panthère mâle : les deux mâles jouent de l’intimidation. Ils se roulent au sol pour l’imprégner de leur odeur et font des rrrrr.

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Le 25 dans l’après-midi : balade dans le froid glaçant, que j’aime ce temps ! Mon chapeau m’est très utile.

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Le 25 au soir : L’Aile ou la Cuisse en famille. Fou rire à chaque minute.

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Pour la première fois de ma vie : je veux rester plus longtemps en famille à Noël, mais la SNCF ne me le permet pas.

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Au moment de se dire au revoir, ma grand-mère me dit « Je ne te reverrai peut-être plus jamais. »

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Quand je rentre à Paris, je raconte tout le documentaire animalier à mon chéri en le mimant et en rugissant.

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Le chat est patraque. Je m’inquiète. Je sors son panier et appelle le vétérinaire. Dès que j’ai raccroché, le chat retrouve peu à peu son tonus.

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Autour du 31 et du 1er : Hibernatus, La Zizanie, La Folie des grandeurs. J’aimerais revoir Oscar.

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Je regarde plein de feuilletons policiers imbéciles, apprends plein de choses sur le Cognac, lis des livres faciles. Je me repose.

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Je me décide enfin à retourner chez ce quincailler à qui j’avais voulu acheter une marguerite pour cuire mes légumes à la vapeur mais qui, ce jour-là n’avait pas d’appareil à carte bleue et moi, plus de liquide. Ce jour-là, c’est son fils qui est là. Je lui explique ce que je cherche sans employer le mot « marguerite » car je ne sais pas que ça s’appelle une marguerite, alors je dis « panier à légumes ». Il me montre une passoire. « Non, non, c’est petit » (et avec les mains je fais un petit cercle) « et ça s’ouvre » (et avec les mains j’agrandis mon cercle). Il me montre, un panier à courses, « non, non, c’est tout petit et ça s’ouvre » (encore les cercles avec les mains), alors il me montre des paniers de rangement de légumes sur roulettes, d’autres paniers pour transporter des courses puis un panier à chat. 

Dans une autre boutique, une dame à qui j’ai demandé un panier pour cuire des légumes à la vapeur me tend ce que je cherche en me disant, « c’est une marguerite ». De retour chez moi, j’essaie par tous les moyens d’ouvrir la marguerite, je dévisse la poignée, la revisse. Sur un moteur de recherche je tape « comment ouvrir une marguerite », je tombe sur un article ventant les bienfaits de la cuisson à la vapeur. Et puis je tire doucement et, miracle, ça s’ouvre. 

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Comme les piscines ne sont pas prêtes de rouvrir (les théâtres non plus), reprise sérieuse du jogging. Pendant que je cours, je pense à ma mère. Pour la première fois de ma vie, elle me manque et ça me fait souffrir, mais en même temps je me sens plus moi-même, j’ai l’impression de mieux me connaître.

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Je suis très satisfaite du chemin que j’ai parcouru et de ce que j’ai accompli cette année.

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Nous avons réservé toutes nos courses pour le réveillon et le 1er en avance, aussi nous doublons tout le monde et n’attendons pas une minute.

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Le poissonnier offre une langoustine au chat.

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Nous comparons trois foies gras : celui du volailler est en tête.

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Le 31 : installation de mon bureau assis-debout (en cet instant précis je vous écris en position debout depuis mon bureau assis-debout). 

Prise en main de ma nouvelle souris verticale

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Nous faisons les bilans de cette année 2020 qui, pour beaucoup a été très éprouvante (et je le comprends), mais qui pour nous (individuellement et pour nous deux) a été extrêmement positive. Et nous constatons que nous prenons de l’altitude : je porte un chapeau, j’ai posé mes plantes sur des porte-plantes à roulettes, le nouveau matelas est plus épais, le bureau monte jusqu’à plus de 120 centimètres de haut… 2021 sera l’année de la prise de hauteur.

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Il y a vingt ans, j’avais fait le vestiaire puis la plonge dans un restaurant chic, j’avais gagné 1000 francs > pour me payer mon voyage de l’été en Géorgie (Tbilissi).

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Le 1er dans la journée : un peu de rangement et de tri. Vider fait du bien.

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Le 1er au soir : soupe à l’oignon.

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BONNE ANNEE !

© Virginie Manchado, 2021

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