Billets d'humeur, Société

Journal du couvre-finement – 25 avril 2021

Temps de lecture : 4’08

Dimanche 18 avril

Promenade le matin, j’en reviens avec une fleur mellifère.

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Aujourd’hui, il a écouté ceci, sa pianiste préférée a-t-il précisé, en lisant mon billet (cf. billet du 18 avril).

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J’explique à mon compagnon que notre ancien voisin a réagencé son appartement en mettant toutes les chambres côté rue et le salon et la cuisine côté jardin, ce qui ouvre le débat « Les parents doivent-ils dormir côté rue et les enfants côté jardin, ou l’inverse ? » Les arguments fusent. Le ton se fait de plus en plus sérieux jusqu’à ce qu’on se rappelle que nous n’avons pas d’enfant et ne sommes pas propriétaires d’un appartement traversant.

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Plainte d’une amie qui vit à Nantes, ville qui n’a pas eu son nom de fleur (cf. billet du 18 avril), elle suggère Marguerite. Ça me va.

Lundi 19 avril

J’interviewe un grand dirigeant (en visio, of course), qui est allongé sur son lit avec son chat.

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On se dit que le personnage de Friends qui correspond le plus au chat, c’est Phœbe.

Mardi 20 avril

Mon doigt ripe, je crois téléphoner à Dominique L. et j’appelle Dominique H., qui ne comprend absolument rien à ce que je lui raconte.

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Il y a une minute, je parlais d’une marque de luxe, à présent je croise une femme de mon âge qui fouille les poubelles puis un homme qui sent tellement mauvais, et la société m’apparaît d’une cruauté et d’une absurdité sans nom.

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J’empreinte des copeaux de bois à la Ville de Paris pour protéger du soleil les pieds de clématite.

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Exceptionnellement, cette nuit je suis seule dans l’appartement et dans le lit, je compte sur le chat pour me payer une visite de courtoisie. Nada.

Mercredi 21 avril

La fleur mellifère donne beaucoup de travail au chat.

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Les yeux rouges de trop de fatigue et de trop d’écran. Bonne à rien.

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L’employé municipale du quartier pose son balai contre un mur et sort sa guitare pour accompagner les brocanteurs d’Aligre en colère qui entonnent leur chant révolutionnaire (cf. mon post du 11 avril).

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Je reçois ce message d’une amie, qui me précise que ça existe aussi en version balcon et jardinière. Mon chéri m’encourage à y participer.

Vendredi 23 avril

Je débute cette lecture qui va me tenir en haleine jusqu’au lendemain. C’est une enquête sur une communauté qui existe depuis deux cents ans dans Paris, à deux pas de chez moi. J’apprends au passage que la place de la Nation s’appelait autrefois place du Trône-renversé et qu’un bourreau y guillotina jusqu’à cinquante-quatre personnes en une seule journée.

Samedi 24 avril

Ça y est, il appelle le chat par mon prénom.

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Entendu aujourd’hui : « Vaut-que-rien » !

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Pique-nique au parc.

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Mais pourquoi les enfants qui jouent courent-ils toujours près des gens qui sont paisiblement allongés au soleil alors qu’il y a plein d’espace à côté ?

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Pendant plus de deux heures un jeune homme en blouson vert tourne dans le parc, au milieu des pique-niqueurs. Je ne lui confierais pas mon chat à garder.

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Quoi qu’on en dise, il y a vraiment beaucoup d’enfants à Paris.

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Nouvelles lunettes de soleil, 25 % de remise octroyée par la vendeuse.

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Entendu dans la rue : « Ça va se terminer qu’on mangera des rognons deux fois par semaine. »

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Moi qui n’aime pas bien les glaces, je suis prise d’une soudaine envie d’en manger. Je me rends donc chez l’épicier du quartier, qui en vend de délicieuses, à ce qu’il paraît. Je choisis sésame noir et châtaigne. De retour chez moi, je m’en sers un peu dans une coupelle et alors que je les mange, me revient en mémoire la sorbetière que ma mère avait achetée et qui, la dernière fois que je l’ai vue, était dans son carton dans le grand buffet en bois. Peut-être ma mère aimait-elle les glaces plus que je ne les aime ? Ou peut-être que, comme moi, elle ne les aimait pas bien mais se disait que mon frère et moi les aimerions ? Je ne le saurai jamais. En tout cas, jes gens disaient vrai, ces glaces sont délicieuses.

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Journée sans écran, je ne suis pas bien en avance sur mon post de la semaine.

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Nous écoutons la chanson de Tarik Ramadan. Elle est très longue.

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Le soir méditation en pleine conscience, à moins que ça ne s’écrive « plaine conscience », car moi je n’ai fait que penser aux fleurs de mon balcon.

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Au moment de m’endormir, je repense à la sorbetière.

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Après un rêve contenant beaucoup d’excréments, je me réveille et immédiatement mon esprit retourne à la sorbetière. La vie m’apparaît alors insoutenable.

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