Billets d'humeur, Société

Journal du couvre-finement – 30 mai 2021

Chères lectrices, chers lecteurs,

Il m’est arrivé une mésaventure sur ce blog, comme cela m’est déjà arrivé par le passé depuis que l’ami WordPress a décidé de reconfigurer son interface. Vendredi après-midi, pour une fois que je n’étais pas dans le rush, je me suis dit « Et si tu préparais le post de dimanche« , chose habituellement réservée au samedi matin et qui est très gourmande en temps. Au moment d’enregistrer, j’ai dû cliquer au mauvais endroit (ce qui n’est pas bien compliqué étant donné que WordPress n’est plus du tout user centric). Et mon post était publié ! Heureusement, j’ai pu appuyer sur « Annuler » juste à temps. Immédiatement, je suis allée vérifier dans « Articles envoyés » : rien. Ouf ! Mon post était bien sagement rangé dans « Articles planifiés », il attendrait sagement dimanche. Sur ce, je suis allée gambader au soleil. Mais voilà que, le soir venu, mon chéri m’a dit, l’air de rien, « Tiens, j’ai vu que tu parlais de ceci et de cela dans ta lettre« , il a poursuivi par « Mais je n’ai pas compris pourquoi c’était daté au 30 mai« . J’aime autant vous dire que j’étais verte. Aussi, voici le post, le vrai, le seul, l’unique ! Bonne lecture.

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Temps de lecture : 10’21

Samedi 22 mai (suite)

Je croise une ancienne voisine et son fils de dix ans, ils viennent de déménager dans une maison plus grande que leur ancien appartement, je demande au gamin s’il est content. « Oui ! En plus, dans ma chambre il y a mon lit, mon armoire, mon bureau, mes jouets, mes livres. Bon, je voulais avoir un petit frigo, mais maman n’a pas voulu. »

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Visionnage en silence des deux premiers épisodes de la saison 2 d’Astrid et Raphaëlle : c’est trop bien mais il faut tout de même préciser que c’est à cause d’Astrid et Raphaëlle que j’ai offert un tangram à mon chéri pour Noël, et que depuis je passe, régulièrement, des soirées à m’arracher les cheveux (et à me faire plier) à essayer de constituer des figures. À ce jour, j’ai réussi à faire le triangle et la maison, pas sûre de savoir les refaire.

P.-S. : Je mets quiconque au défi de faire la montagne.

Dimanche 23 mai

Oh mon Dieu, j’ai rêvé que Marine Le Pen était élue présidente !

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Première expo : photographie japonaise. Mon œuvre favorite : « Tights ».

Tights

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Tout d’un coup, la petite carie qui pouvait attendre dix jours ne veut plus attendre. Un clou de girofle dans la bouche.

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Au moment où je me dis que je devrais arrêter mon post hebdo sur ce blog, qu’il ne sert à rien, à part me faire perdre du temps, je reçois deux messages de deux lecteurs : « … le journal du couvre-confinement… Devenu délice dominical indispensable à la santé mentale » ; « Petit blues du dimanche… Mais voilà la douce chronique de Virginie qui arrive dans ma boite… Merci pour tes jolies petites histoires ».

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Ce que voit le chat depuis le balcon, et qui l’occupe de nombreuses heures chaque jour.

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Dans la rue, je vois une dame âgée, plutôt chic, s’éloigner d’un homme et s’approcher de moi – j’en déduis qu’elle cherche son chemin :

« Mademoiselle, vous savez si cet immeuble (elle désigne un immeuble tout neuf) est réservé aux étudiants ? Je vois qu’il y a les coordonnées de Paris Habitat.

— Je ne sais pas. Mais vous devriez appeler Paris Habitat ». J’en déduis qu’elle cherche un appartement.

« Ah mais je les connais ceux-là ! Ce sont eux qui me logent. S’ils chauffent l’immeuble des étudiants comme ils chauffent le mien, je peux vous dire qu’ils avoir froid. Cet hiver, 17°C, 18°C, dans mon salon. On nous avait promis 19°C, on ne les a jamais eus ! »

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La boulangerie de nos rêves n’indique nulle part ni ses jours ni ses horaires d’ouverture. 

Lundi 24 mai

Dans la nuit, je ne dors pas. Je repense au FC Bastia et à Benzema (cf. post du 23 mai). Me revient alors en mémoire que longtemps j’ai cru que la ville de Milan comptait une seule et grande équipe de football, l’InterMilanAC.

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Nous recevons nos premiers invités à déjeuner, mon oncle et ma tante de passage à Paris (et m’ayant porté tout spécialement des bougnettes). Connaissant le chat, mon compagnon et moi avions misé sur un repli de sa part dans l’armoire tout le temps de leur présence. Et voilà qu’à peine l’entrée servie l’animal commence à faire son show. Et vas-y que je me montre, que je renifle tout le monde, que je râle et que, bien sûr, je vais au mur des lamentations (cf. post du 18 avril).

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Bien évidemment, parmi les diverses discussions qui occupent l’après-déjeuner, ma tante et moi abordons la question essentielle de nos bas de contention. 

Mardi 25 mai

Mon nombre d’abonnés sur Instagram a dépassé mon nombre d’abonnements (135 vs 134).

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Qu’est-ce que je vois ? La sauge fait des fleurs mauves. Ce n’était pas prévu ! 

Mercredi 26 mai

Au petit matin, je rêve que je mange un copieux plat de pâtes et que j’ai mal au ventre par la suite.

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Je reçois une pub m’incitant à faire un beau cadeau à ma mère pour la Fête des mères, c’est ce qu’on appelle une pub bien ciblée.

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Entre midi et deux, je finis de relire Une odyssée en larmes, j’enchaîne avec Les Disparus du même auteur. 

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Alors, je m’étais dit « Tu t’achètes deux robes pour l’été et c’est tout. » Je me rends à l’outlet d’une marque que j’aime bien qui fait des ventes privées et ô miracle, il reste la robe que je voulais dans ma taille. Je la prends. Puis je dis à la vendeuse que je vais aller à la maison mère voir leur nouvelle collection, mais comme je ne suis sûre de rien, qu’elle me mette de côté la belle veste écrue – qui me « sied à merveille » – jusqu’à demain, car si je ne trouve rien, je reviendrai la prendre. « D’accord, mais je dois vous prévenir que c’est la dernière », me répond-elle. Aussi, je l’enjoins de bien la cacher entre deux portants jusqu’au lendemain. Une fois à la maison mère, la vendeuse (une nouvelle) me tombe dessus, elle me montre un imprimé : « Je ne porte que de l’uni », lui dis-je, sur ce, elle enchaîne avec trois modèles imprimés. Je sors pas contente de cette expérience client. Mais juste en face, il y a ma boutique fétiche, qui, malheureusement, ne fait jamais de ventes privées et qui, malheureusement encore, emploie deux vendeuses exceptionnelles qui me connaissent par cœur et me dégotent toujours des trucs auxquels je n’aurais jamais pensé et qui « me siéent à merveille ». Elle sont hyper physionomistes et ont un coup d’œil extraordinaire pour créer des silhouettes sur mesure. Et quand elles lisent dans mes yeux posés sur la pile de vêtements que je viens d’essayer que je suis en train de faire du calcul mental, elles me disent avec le sourire « Et vous savez qu’on fait toujours le paiement en trois fois sans frais. » Mais comme je pense très fort à la veste que je vais récupérer le lendemain, j’entre dans la boutique déterminée. D’ailleurs, la première chose que je leur dis, c’est « Je ne vais rien essayer, je viens juste repérer », tout en leur montrant du doigt ce très beau pantalon vert anglais, moi qui « suis ravie que le vert anglais soit à la mode, car j’aime beaucoup le vert ». « Nous aussi. En plus, ça doit bien vous aller », me disent-elles de concert. Dix minutes plus tard, nous avons passé en revue tout le rez-de-chaussée et tout l’étage et je suis en train de me déshabiller dans la cabine d’essayage. Quarante minutes plus tard, je suis enfin rhabillée, nous sommes toutes trois à la caisse en train de faire le sous-total et de calculer les meilleures combinaisons possibles pour choisir les meilleures pièces en tenant compte de la météo, de leur effet, de mon style, de ma garde-robe actuelle, de mes besoins, du stock, du goût des autres clientes et de mes finances – sur ce dernier point, il n’y a que moi qui ai l’air très concerné, alors que sur tous les autres, nous sommes toutes trois hyper concernées. Je repars avec une robe et une chemise et laisse de côté, pour plus tard, une robe et une combinaison vert amande dans une « couleur très douce, qui vous va à ravir », dans laquelle je me sens si bien et « qui peut aussi bien passer pour tous les jours que faire habillée ».

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Par moments, je me demande si un jour on inventera le vaccin anti-shopping.

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Entendu à la radio : « J’étais en Angleterre, j’ai pris de la cocaïne et grâce à ça j’ai su parler anglais. »

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Le soir, dans notre lit, on joue à trouver un nouveau mot à partir d’un premier en en changeant une lettre seulement, par exemple : souk/zouk, Kermit/termite, chat/rat (la règle, c’est la phonétique), crétin/chrétien… mais c’est vachement plus rigolo quand c’est bite/but, couille/mouille, burne/berne ou mamie/momie et papi/pipi. 

Jeudi 27 mai 

Échange de SMS avec une amie à qui je dis que « cet été, nous serons en vacances à tel et tel endroits mais qu’au préalable, nous aurons passé une dizaine de jours dans le Lot ». Malheureusement, mon doigt glisse et j’écris « dans le lit ». Je sens que je vais en entendre parler longtemps…

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Un copain passe, il me parle d’oiseaux et m’explique les différences entre mésange bleue et mésange à huppe. Juste après son départ, une mésange à huppe se pose sur le balcon.

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L’été pointe le bout de son nez et ça me donne une idée : créer un club de gens très chics qui, comme moi, et nous sommes nombreux, DÉTESTENT le melon. (Rien que l’odeur, mon estomac est sur une montagne russe.) Mais plus que le melon, ce que je déteste par-dessus tout, c’est quand on me dit d’un air niais « Ah bon, t’aimes pas le melon ? Mais comment c’est possible ? C’est tellement rafraîchissant. »

Un dessin inspiré de celui d’Emmanuelle Teyras : 638 personnes ont lié son dessin

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Assis sur le canapé, nous regardons des titres de livres de romances érotiques niaises. Mon préféré : « La Bûche, les Embûches et le Bûcheron ».

Vendredi 28 mai

J’ai rêvé que mon compagnon et moi allions à un stand nous chercher une crêpe. Monsieur commandait une caramel-beurre salé et demandait au crêpier de la couper en deux car nous allions, lui disait-il, la partager. Le crêpier lui rétorquait qu’une demi-crêpe n’était pas assez pour moi, et moi je disais que j’en voulais une entière et au chocolat, mais mon chéri insistait. Aussi, je m’inclinais et prenais ma moitié de crêpe. À la première bouchée, je me rendais compte que le caramel-beurre salé était dégoûtant, et je me promettais qu’on ne m’y reprendrait plus.

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Au réveil, je lave une soucoupe à fleurs, y mets de l’eau fraîche pour les petits oiseaux qui, en été, souffrent cruellement du manque d’eau dans les villes pour boire et se toiletter – au passage, je remets de l’eau bien fraîche dans le saladier du chat, car, oui, le chat boit dans un saladier – puis j’installe la soucoupe sur le balcon et m’assois avec un bon bouquin en attendant qu’il soit l’heure d’aller chez mon dentiste préféré. Et voilà que le minou se faufile entre les pieds de la table et les fleurs et va boire l’eau des oiseaux.

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L’après-midi : mésaventure du blog évoquée ci-dessus. Sans commentaire.

Samedi 29 mai

Comme à chaque fois que le dentiste vient de nettoyer toutes les taches causées par les nombreux litres de thé que je bois, je me dis que je vais lever le pied sur le thé. Donc le matin je ne bois que de l’eau. Mais l’après-midi, je craque.

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Le matin : je vais une première fois chez le photographe pour une histoire de photo en noir et blanc (ce n’est que la quatrième fois de la semaine que j’y vais – 35 minutes à pied aller-retour). Aussitôt arrivée chez moi, le téléphone sonne : ma photo est prête et je renfile mes chaussures.

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« Est-ce que tu pourrais me faire une place parmi toutes tes paires de chaussures pour que je puisse ranger ma paire ?

— Je te ferai plus de place quand tu auras plus de chaussures. »

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