Billets d'humeur, Société

Comment vivions-nous avant la doudoune ?

Il y a des progrès qui nous ont apporté un confort que la plupart d’entre nous s’accordent à penser comme relevant du strict minimum : eau courante, électricité, donc eau chaude, chauffage, frigo, lit, téléphone portable… ordinateur ? Peut-être pas encore pour tout le monde, mais le jour où il va rejoindre une liste de naissance n’est plus très loin (à moins que là aussi, je sois en retard ?). À ces éléments de base, j’ajoute officiellement un objet qui prend tout son sens en hiver, mais pas que, j’ai nommé la doudoune.

Billets d'humeur, Société

Stop aux questions embarrassantes

Certaines personnes ont le chic pour assimiler des périodes de la vie ou des états – je pense en particulier à l’enfance, à la vieillesse et à la femme enceinte –, à de la débilité. Ce qui les autorise, semblent-elles croire, à enfreindre les règles élémentaires de la civilité. C’est comme ça qu’on se retrouve à se faire caresser les joues, tâter le ventre à devoir répondre à une quantité phénoménale de questions indiscrètes jugées normales par ceux qui les posent.

Billets d'humeur, Société

Catsi75, où es-tu ?

C’était une partenaire redoutable, qui m’a battue à plates coutures à de multiples reprises. Le genre d’adversaire que vous pensez avoir écrasé avec un mot à 76 points et qui, telle un Phénix renaît de ses cendres et vous plie sur le sprint final. Elle sort de son chapeau magique un « x » ou un « z » qui compte triple, couplé d’un Scrabble – un mot de sept lettres, je le rappelle aux non-initiés – et bim, la partie est pliée. Faut pas avoir d’ego pour joier contre Catsi75.

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Qui suis-je ?

Je contribue à faire vivre des artisans et constitue un petit cadeau rapporté de vacances,  ou chipé dans un hôtel. Je suis une petite attention, à moins que je ne sois un message subliminal de mon expéditeur à mon destinataire ? Dans bien des cas, je suis offert par une femme à une autre femme. Je suis dit « de Marseille » mais parfois je viens de loin, d’Alep par exemple, même si tout porte à croire que les infrastructures pour me fabriquer ont disparu.

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Nous sommes peu de choses / Smartphone

il fréquente tous nos proches. Surnoms, mots de passe, déplacements, fréquence d’achats, addiction aux réseaux sociaux, goûts musicaux, émotion... on le laisse entrer dans notre vie jusque dans le moindre recoin. Il nous voit rire, pleurer et réfléchir, galérer pour rédiger un message qui veuille dire quelque chose, râler quand par mégarde on a appuyé sur « Envoyer » trop hâtivement. Quel secret peut-on se vanter de ne lui avoir pas confié ? Il nous suit aux W.-C. Il entre dans notre salle de bain. Qui ne l’a jamais pris dans son lit ? Combien de fois nous a-t-il vu dans notre plus simple appareil ? C’est vrai qu’il passe beaucoup de temps dans l’obscurité, d’un sac à main ou de la poche arrière d’un jean, mais à table, bien souvent, c’est lui qui trône.

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Bonne année 2019

Pour cette nouvelle année, je ne prends aucune bonne résolution mais émets un vœu, un seul, qui à mon sens pourrait changer le cours de l’Histoire : Que les architectes des lieux publics, des théâtres par exemple, comprennent enfin qu’il leur faut concevoir trois fois plus de W.-C. pour les femmes que pour les hommes.

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Les lave-linge sont manichéens

J’ai bifurqué vers la gauche, dans une petite rue qu’il m’a semblé n’avoir jamais empruntée et dans laquelle je ne saurais revenir. J’ai immédiatement senti une forte odeur de lessive qui m’a laissée présager qu’il y avait un Lavomatic tout près. J’ai pressé le pas car les Lavomatic sont des lieux de grande convoitise depuis le collège. Je vois en eux l’investissement suprême : tu n’as rien à faire, pas même à ouvrir ni à fermer les portes que désormais une clé magnétique ou un code programmé active et désactive à heures fixes. Les gens glissent des pièces, des billets ou leur CB et hop, ça se déclenche. Tu contribues à détruire le sale et restaurer le propre. Tu détruis le mal et encourages le bien. C’est très manichéen et en plus, tu empoches la monnaie sans te fatiguer. Le business idéal.

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Comment sortir indemne de la magie de Noël

La fin d’année c’est le moment par excellence où il faut fuir les invitations, les fêtes obligatoires, les buffets gastronomiques et les cotillons. Les repas qui s’éternisent, les cadeaux trop moches qu’on doit faire semblant d’apprécier, les remarques racistes de l’un et les questions indélicates de l’autre, le voisin de table qui sent la transpiration, le vomi de publicités, non, franchement, on mérite mieux que ça.

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Dormir, geste nec plus intime

Il y a ces nuits où l’on tourne et retourne à la recherche de la bonne position. Celles où l’on compense l’absence de l’être aimé par un oreiller. Celles où l’on se blottit contre son enfant parce qu’on a peur, du noir, de la vie, du néant, de tout. Voyager et s’asseoir sur le lit en se disant « Tiens, ils ont oublié de mettre le matelas. » Ben non, en fait, il y était. Un mémorise la forme, l’autre nous fait toucher le sol du popotin, avec le troisième on devine un petit pois.

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Le vrai prix des choses – 2

Quelle somme serions-nous prêt à débourser pour un croque-monsieur ? La question se pose dès lors qu’on a un déjeuner d’affaire à l’hôtel de Crillon, ce qui est arrivé à l’une de mes connaissances récemment. Elle m’a rapporté que dans cet établissement il nous en coûtera 47 €, soit 18 fois plus cher que le croque-monsieur bas de gamme des supermarchés (je suis allée vérifier exprès), soit 4,75 fois le taux horaires brut du SMIC.