Billets d'humeur, Non classé

Bonne année 2019

Pour cette nouvelle année, je ne prends aucune bonne résolution mais émets un vœu, un seul, qui à mon sens pourrait changer le cours de l’Histoire : Que les architectes des lieux publics, des théâtres par exemple, comprennent enfin qu’il leur faut concevoir trois fois plus de W.-C. pour les femmes que pour les hommes.

Billets d'humeur, Société

Les lave-linge sont manichéens

J’ai bifurqué vers la gauche, dans une petite rue qu’il m’a semblé n’avoir jamais empruntée et dans laquelle je ne saurais revenir. J’ai immédiatement senti une forte odeur de lessive qui m’a laissée présager qu’il y avait un Lavomatic tout près. J’ai pressé le pas car les Lavomatic sont des lieux de grande convoitise depuis le collège. Je vois en eux l’investissement suprême : tu n’as rien à faire, pas même à ouvrir ni à fermer les portes que désormais une clé magnétique ou un code programmé active et désactive à heures fixes. Les gens glissent des pièces, des billets ou leur CB et hop, ça se déclenche. Tu contribues à détruire le sale et restaurer le propre. Tu détruis le mal et encourages le bien. C’est très manichéen et en plus, tu empoches la monnaie sans te fatiguer. Le business idéal.

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Comment sortir indemne de la magie de Noël

La fin d’année c’est le moment par excellence où il faut fuir les invitations, les fêtes obligatoires, les buffets gastronomiques et les cotillons. Les repas qui s’éternisent, les cadeaux trop moches qu’on doit faire semblant d’apprécier, les remarques racistes de l’un et les questions indélicates de l’autre, le voisin de table qui sent la transpiration, le vomi de publicités, non, franchement, on mérite mieux que ça.

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Dormir, geste nec plus intime

Il y a ces nuits où l’on tourne et retourne à la recherche de la bonne position. Celles où l’on compense l’absence de l’être aimé par un oreiller. Celles où l’on se blottit contre son enfant parce qu’on a peur, du noir, de la vie, du néant, de tout. Voyager et s’asseoir sur le lit en se disant « Tiens, ils ont oublié de mettre le matelas. » Ben non, en fait, il y était. Un mémorise la forme, l’autre nous fait toucher le sol du popotin, avec le troisième on devine un petit pois.

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Le vrai prix des choses – 2

Quelle somme serions-nous prêt à débourser pour un croque-monsieur ? La question se pose dès lors qu’on a un déjeuner d’affaire à l’hôtel de Crillon, ce qui est arrivé à l’une de mes connaissances récemment. Elle m’a rapporté que dans cet établissement il nous en coûtera 47 €, soit 18 fois plus cher que le croque-monsieur bas de gamme des supermarchés (je suis allée vérifier exprès), soit 4,75 fois le taux horaires brut du SMIC.

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J’ai cassé ma perche à selfie

Voir des gens photographier et filmer tout et n’importe quoi – de la cohue dans le métro un jour d’inondation aux paquets cadeaux d’anniversaire pas encore ouverts en passant par la salle d'attente de l'aéroport où l'on s'apprête à embarquer et à la statue grecque dont on caresse le genou pour bien indiquer qu’on était là – « j’étais là, j’ai vu la statue, je la touche, t’as vu ?! t’as vu ?! » – et aux vidéos de ses enfants en train de descendre du toboggan ou de tirer la queue du chien, quand on ne les prend pas sur le pot… me déprime. En fait ce ne sont pas ces photos-là qui me rendent malade, mais leur usage à outrance, leur profusion, la surconsommation que nous en faisons.

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Le nom, des gens, des choses

Le sens des prénoms m’interroge. Dans mon arbre généalogique, nous avons découvert une « Argile ». J’aime bien « Argile », mais comment est-ce devenu un prénom ? Pourquoi ne l’a-t-on pas appelée « Céramique » ou « Glaise » ? « Pierre » et « Olivier » sont bien des noms d’objets. Ça aurait pu être la même histoire avec « Chaise » et « Canapé » ou « Trousseau » et « Brindille », on dirait alors le plus naturellement du monde : « Oui, j’ai un frère et une sœur, Trousseau et Brindille. » Ça fait bizarre, hein ? C’est une question d’habitude, en fait. A l’université, j’ai connu une « Julie » qui avait un frère, « Julien ». Ma grand-mère avait dans sa classe un « Claude » dont le frère se prénommait « Jean-Claude ». Pourquoi pas ?

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La revanche des littéraires : en réponse à vos réactions

à tous les atypiques qui tracent leur route avec plus ou moins d'aisance dans ce monde ultra-normé, à tous les non-standardisés, à tous les littéraires (assumés ou contrariés), une pensée chaleureuse. Nous sommes nombreux, et nous sommes puissants !

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La revanche des littéraires

Longtemps j’ai pleuré le sort réservé aux littéraires et aux atypiques. Tout particulièrement en France, parce que si vous faites vos « humanities » aux Etats-Unis, l’éventail des possibles s’ouvre à vous. En Angleterre, vous pouvez diriger une banque en étant titulaire d’une maîtrise d’histoire. En France il vous faudrait montrer patte blanche, c’est-à-dire dérouler une liste de diplômes longue comme l’A20, si tant est que cela puisse suffire.