Littérature étrangère, Livres

« Ecoute la ville tomber » de Kate Tempest

Ecoute la ville tomber obéit à un rythme musical qui pulse. C’est saccadé. Entre chaque beat, l’amour et l’amitié murmurent leur douce mélodie. Un roman empreint d’une énergie qui donne envie de vivre. On a l’espoir que ces trois jeunes s’en sortiront. Si personne n’a cru en eux jusque-là, ce n’est pas notre cas.

Livres, Non-fiction

« Histoire de la littérature récente – 1 » de Olivier Cadiot

Succession de chapitres très courts sur les écueils à éviter lorsqu’on s’essaie au métier d’écrivain : « Ne faites ni l’artiste ni l’artisan. Ni Van Gogh ni souffleur de verre », et ce même si nous sommes « tous des Léonard de Vinci, en moins doués, bien sûr ». Prenons garde aux idées idiotes qui bien écrites demeureront idiotes. Réflexion puissante sur ce qu’est la littérature, cette bizarrerie que de vouloir retranscrire par des mots, soumis à des règles d’accord, à des structures grammaticales et à des rythmes, des sentiments, des faits, des pensées… Nous voilà parés pour devenir écrivain en se contentant de lire. Le programme se veut ambitieux.

Livres, Non-fiction

« Que le Diable m’emporte » de Mary McLane

"Aller au-devant, rompre, ne rien admettre, détruire et rejeter tout ce qui, même de très loin, menace une seconde l’indépendance, voici mes lois. Ce n’est pas une politique de conciliation, c’est exactement une révolte", Lire du McLane, c’est physique et psychique. C’est philosophique et sociétal. C’est intelligent et conscient. C’est émancipateur et audacieux. C’est plein de fougue, d’arrogance et de candeur. Avec beaucoup de courage, Mary McLane a bravé tous les interdits de la société bien pensante pour faire entendre sa voix et sa voie.

BD/Illustrés, Livres

« Idéal standard » de Aude Picault

Parce qu’il existe autant de façons d’être une femme que de femmes, parce qu’il y a autant de manières de mener sa vie qu’il y a d’individus, il y a Idéal Standard, une BD pour les personnes en quête d’"idéal" mais pas de "standard".

Littérature étrangère, Livres

« Demande à la poussière » de John Fante

Dans une langue ciselée, ce roman court est un uppercut. Il nous donne autant envie de prendre Bandini sous son aile que de lui en coller une, qu’il aurait bien méritée au demeurant. Mais il est attachant l’ami. Il l’est d’autant plus que beaucoup se reconnaîtront dans cet anti-héros que l’Amérique n’aime pas voir exposé. Ce qu’on disait de toi, John, est donc bien vrai. Avec une longueur d’avance sur ton temps tu as commis ici de la très grande littérature. Chapeau bas.

Littérature française, Livres

« Frère d’âme » de David Diop

Celui qui reste ne peut supporter la mort de son « plus que frère ». Plus que sa mort, c’est la façon dont il s’est éteint dans ses bras. Renvoyé à son impuissance et rongé par la culpabilité, Alfa va se perdre dans des actes extrêmes pour oublier, ou peut-être pour tente de réparer ce qu’il n’a pas su faire pour apaiser les derniers instants de celui qu’il chérissait.

Littérature étrangère, Livres

« La Femme à part » de Vivian Gornick

Ici, le temps accordé à la contemplation est grand. C’est rare d’entendre une parole dans ce sens à notre époque qui roule à toute berzingue. Le temps d’être chez-soi, de l’observation. La réflexion qui ne peut que se déployer dans l’inaction active. Il y a de la douceur dans tout ça, comme un fil de coton qu’on déroulerait lentement. Mais ça n’empêche pas le caractère bien trempé de Vivian Gornick de venir nous titiller !

Littérature française, Livres

« Le Sillon » de Valérie Manteau

Il s’appelait Hrant Dink, et ce n’est pas facile à prononcer. Salement abandonné par ses parents alors qu’il était tout minot il est devenu journaliste. Il a fait de la vérité sur le massacre perpétré à l’égard des Arméniens et sur le sort qui leur est réservé, son combat. Au péril de sa vie, car tué en pleine rue stambouliote en 2007.

Littérature étrangère, Livres

« Le Monarque des ombres » de Javier Cercas

La guerre a ceci de terrible qu’elle réduit ceux qui la font à des quantités : de morts, de survivants, de blessés, d’exilés. La guerre civile a ceci de terrible qu’elle ramène tous les enjeux au même plan : politique nationale, rivalités locales et vengeances personnelles.

Littérature étrangère, Livres

« La Jungle » de Upton Sinclair

Mare de sang à hauteur du genou, accidents qui laissent amputés, vapeurs chimiques qui rendent malades, cadences infernales à tenir, oreilles qui gèlent en hiver, ouvriers qui chutent dans la cuve à pâté devenant eux-mêmes de la chair à pâté qui sera conditionnée dans de jolies boîtes de conserve qu’on retrouvera bientôt sur les rayons des épiciers, à moins que les rats qui grouillent de partout ne se chargent de leurs dépouilles…