Littérature étrangère, Livres

« My Absolute Darling » de Gabriel Tallent

Le matin, elle descend à la cuisine, gobe des œufs, attrape une canette de bière qu’elle jette à son père qui la saisit en plein vol. Ça ne rate jamais. Ces deux-là n’ont pas besoin de se parler. Leur fusion est telle que les mots n’auraient aucun sens. Ils sont tout l’un pour l’autre. Ils vivent dans une maison isolée, entourée de champs, l’océan n’est pas loin. Sous couvert d’intérêt écologique, de préparation à la fin du monde, de refus de la société de consommation, Martin a fait de Turtle une enfant à part. A 14 ans, elle manie les armes comme personne, sait se repérer en forêt la nuit, allumer un feu sans briquet… − enseignement qui va lui permettre de sauver des vies, mais qui pourrait bien se retourner contre celui qui l’a prodigué...

Littérature étrangère, Livres

« Ecoute la ville tomber » de Kate Tempest

Ecoute la ville tomber obéit à un rythme musical qui pulse. C’est saccadé. Entre chaque beat, l’amour et l’amitié murmurent leur douce mélodie. Un roman empreint d’une énergie qui donne envie de vivre. On a l’espoir que ces trois jeunes s’en sortiront. Si personne n’a cru en eux jusque-là, ce n’est pas notre cas.

Littérature étrangère, Livres

« Demande à la poussière » de John Fante

Dans une langue ciselée, ce roman court est un uppercut. Il nous donne autant envie de prendre Bandini sous son aile que de lui en coller une, qu’il aurait bien méritée au demeurant. Mais il est attachant l’ami. Il l’est d’autant plus que beaucoup se reconnaîtront dans cet anti-héros que l’Amérique n’aime pas voir exposé. Ce qu’on disait de toi, John, est donc bien vrai. Avec une longueur d’avance sur ton temps tu as commis ici de la très grande littérature. Chapeau bas.

Littérature étrangère, Livres

« La Femme à part » de Vivian Gornick

Ici, le temps accordé à la contemplation est grand. C’est rare d’entendre une parole dans ce sens à notre époque qui roule à toute berzingue. Le temps d’être chez-soi, de l’observation. La réflexion qui ne peut que se déployer dans l’inaction active. Il y a de la douceur dans tout ça, comme un fil de coton qu’on déroulerait lentement. Mais ça n’empêche pas le caractère bien trempé de Vivian Gornick de venir nous titiller !

Littérature étrangère, Livres

« Le Monarque des ombres » de Javier Cercas

La guerre a ceci de terrible qu’elle réduit ceux qui la font à des quantités : de morts, de survivants, de blessés, d’exilés. La guerre civile a ceci de terrible qu’elle ramène tous les enjeux au même plan : politique nationale, rivalités locales et vengeances personnelles.

Littérature étrangère, Livres

« La Jungle » de Upton Sinclair

Mare de sang à hauteur du genou, accidents qui laissent amputés, vapeurs chimiques qui rendent malades, cadences infernales à tenir, oreilles qui gèlent en hiver, ouvriers qui chutent dans la cuve à pâté devenant eux-mêmes de la chair à pâté qui sera conditionnée dans de jolies boîtes de conserve qu’on retrouvera bientôt sur les rayons des épiciers, à moins que les rats qui grouillent de partout ne se chargent de leurs dépouilles…

Littérature étrangère, Livres

« Douleur » de Zeruya Shalev

Femme de retenue, Iris semble avoir tout sous contrôle. Pour ne pas craquer, elle s’est repliée dans le capiton de l’armure qu’elle a érigée. Elle tient les sentiments hors d’elle, loin d’elle. Mais comme elle le dit, dans la vie vient toujours un moment où votre mensonge vous fait trébucher. Chez Iris, son mensonge prend la forme d’une douleur.

Littérature étrangère, Livres

« Americanah » de Chimamanda Ngozi Adichie

Aux USA, Ifemelu sera contrainte de tricher avec elle-même, de se couper de ce (et de ceux) qui lui est le plus cher. Quelque peu têtue, la jeune femme parviendra à tracer sa route et à « réussir » au sens américain du terme. A-t-elle vraiment le choix ? L’Amérique est un pays qui laisse peu de possibilités : prendre le train en marche ou rester sur le quai et regarder défiler les trains qui emportent les winners.

Littérature étrangère, Livres

« Le Bûcher » de György Dragoman

Petite et grande histoire ont le chic pour se télescoper, réduisant nos destins à peu de chose – j’ai quelque grand-oncle, cousin et arrière-grand-père qui en savent quelque chose. Ici, ça se passe dans la Roumanie fraîchement libérée de son dictateur, mais pas de ses vieux démons.